Chaque automne, les éleveurs de Hasparren fauchent la fougère sur les landes communales. Cette année, un stagiaire a travaillé avec la commune et la Chambre d’agriculture pour mieux connaître cette ressource et évaluer la qualité de chaque lot.
La fougère, une litière naturelle
Sur les landes communales, au nord de la commune et sur l’Ursuya, la fougère aigle pousse en abondance grâce au climat doux et humide du Pays basque. Chaque année, entre septembre et fin octobre, les éleveurs la fauchent, la font sécher puis la mettent en boules. Elle sert ensuite de litière pour leurs brebis et leurs vaches, à la place de la paille. Sèche, elle absorbe très bien l’humidité.
Cela représente environ 330 hectares fauchés et 900 tonnes de litière par an, utilisées par une soixantaine d’éleveurs. Chacun récolte un ou plusieurs lots attribués par la commune.
Une pratique utile à tous
La fauche de la fougère sert les éleveurs, qui achètent moins de paille, souvent venue d’Espagne. Elle profite aussi à l’ensemble de la population :
- elle garde les landes ouvertes et accessibles aux promeneurs, randonneurs, traileurs et chasseurs ;
- elle réduit le risque d’incendie, car la fougère sèche laissée au sol brûle facilement ;
- elle permet à l’herbe de repousser, ce qui nourrit les pottoks et les troupeaux ;
- elle entretient un paysage qui, sans elle, se refermerait peu à peu.
Pourquoi évaluer la qualité des lots ?
Prenons un exemple : un lot de fougère se libère et doit être attribué à un nouvel éleveur. Quel tarif lui appliquer ? Aujourd’hui, la commune ne dispose d’aucune méthode pour donner une valeur à un lot.
Par ailleurs, la qualité de la fougère a pu évoluer au fil du temps sur chaque lot. Il est donc nécessaire de réévaluer l’ensemble des lots, avec une méthode claire, partagée avec les éleveurs et identique pour tous.
Le travail réalisé cet été
![]() |
![]() |
![]() |
Raphaël Perot, étudiant en licence professionnelle « Montagne et pastoralisme », a été accueilli à la mairie dans le cadre d’un stage avec la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques. Il a :
- rencontré 19 éleveurs pour comprendre leur utilisation de la fougère et recueillir leur avis sur ce qui fait un « bon » lot ;
- mis à jour la carte des lots avec eux, lors des entretiens et d’une réunion collective ;
- construit une méthode d’évaluation fondée sur les critères cités par les éleveurs : hauteur et nombre de feuilles de la fougère, densité, quantité récoltable à l’hectare, surface du lot, pente et accès ;
- réalisé les mesures sur le terrain, lot par lot, sur les landes communales.
Et maintenant ?
Le stage touche à sa fin et les relevés de terrain sont presque terminés. Chaque lot va maintenant recevoir une note de qualité. La commune disposera ainsi d’une référence commune et objective pour gérer les lots de fougère. Elle remercie les éleveurs qui ont participé à cette démarche.




